Grosmagny 1ère partie
"Sous la ligne bleue"
Randonnée d'art à Grosmagny.
Garez-vous sur le parking à côté de l'église puis laissez-vous guider par les rubans et panneaux bleus. Cette randonnée de 10,5 km environ intègre l'art au milieu naturel. Laissez-vous surprendre, les artistes vous ont laissé des indices... Ils vous feront partager leur vision du passé ou du futur, l'âme des lieux ou l'intimité des habitants.
1 Edith Bergdoll "Osmose-Métamorphose"
L'intérêt de ce lieu est la fluidité de la ligne d'arbre dans la paysage, une prairie et des textures végétales au sol.
Un pénétrable, sorte de "cocon" permetra le repli, l'osmose avec le lieu ; lieu de passage, de méditation et de ressourcement.
Des mots se tisseront et se détisseront tout au long du cheminement dans le pénétrable. Ces mots "mémoire" seront composés par Bernard Chevassu.
2 Nicole Giroud "Métamorphoses"
Les "Métamorphoses" ?
C'est essayer de trouver une forme visuelle à un monde invisible, le révéler, introduire une présence qui le rend plus riche de sens.
C'est essayer d'établir un lieu, une oeuvre, la sensibilité du visiteur et de (re)découvrir ce lieu comme si on le voyait pour la première fois : rythmes ascendants des aulnes élancés et leur aspiration vers le ciel, lumière horizontale du filet de pêcheur, réceptable des énergies et des esprits du lieu, présence de l'eau, origine de la vie...
Les sculptures, créées pour le lieu, composées de matières végétales, minérales, synthétiques, évoquent le peuple aquatique et aérien sans jamais le représenter. Sorte d'éclosion, de génération spontanée, elles sont mises en mouvement par le vent sur un axe vertical. Elles se reflètent dans l'eau, miroir du ciel, se mêlant et jouant avec l'image des aulnes.
Les "Métamorphoses" poursuivent maintenant leur lente, profonde et silencieuse transformation entre ombre et lumière.
3 Jean-Luc Bernard "Les lignes de la Mémoire"
Un lieu, une histoire...
Le passé a pensé ce lieu...
Je l'ai pansé...
Repensé...
Avant que la Nature ne reprenne ses droits.
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4 Brigitte Armager "Au lieu dit des réflexions"
Installée perpendiculairement au chemin celle-ci se densifie en son milieu des bleus, blancs, argents du ciel vosgien
Elle ponctue le parcours comme une portée musicale en suivant la topologie du terrain, droite ou en escalier, bouge avec le vent et reflète la lumière
Le projet se veut volontairement discret pour s'intégrer naturellement au lieu, dans une nature à la fois fragile et prolifique.
La répétition de pleins et de vides, de transparence, de branches entrelacées filtrant le soleil amènent j'idée d'un assemblage de modules carrés, en plexiglas lisse et brillant, évidés circulairemenL Un "tissu" y est intégré entrelacs de fils de colle thermo fusible associés à des micros billes de verre et des fils rétro-réfléchissants A la fois piège et passage, il capture et laisse passer esprits, rêves et réflexions.
De face ou à contrejour, la ligne émerge différemment en réseaux graphiques mats, transparents ou réfléchissants selon la position du soleil et le déplacement du visiteur.
Une installation comportant une lumière artificielle ou noire permettrait également une lecture de nuit grâce aux fils phosphorescents. Les carrés, désormais vert/jaune, comme impalpables, flotteraient pendant un temps dans l'espace.
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La futaie de sapins m'est apparue comme un symbole de fusion.Là, rien de sauvage, il ne s'agit plus de nature mais de culture et d'exploitation.
J'aime ces lieux que l'homme a patiemment construits pour participer quotidiennement à notre vie et à notre confort.
Cette futaie est exceptionnelle, ces troncs se dressent denses, droits et réguliers vers le ciel. Le regard se perd dans les hauteurs, la lumière est différente, le sol est nu, même le vent se calme, on pourrait se croire dans un temple. J'ai souhaité jouer sur les contrastes, pour partager avec les promeneurs, un moment,
cette sensation de tranquillité et d'équilibre.Plastique, réalisée avec un vulgaire matériau d'emballage, tressée avec une technique artisanale ancestrale, cette Installation parle du passé et du futur, de nature et d'artifice, de l'homme et de son environnement.
Lumineuse, jaune, elle est de dimension humaine, près du sol, et les yeux balaient maintenant un espace horizontal pour découvrir.
Une végétation artificielle futuriste ? Des guirlandes géantes qui auraient pris racine ? Un décor de conte de fée ?
6 Anne Delfieu "Fagots"
… La lumière qui vient du sol est la plus lourde, la plus farouche.
Le travail d'Anne Delfieu évoque le mystère du visible.
La forêt sombre des épineux diffuse une clarté tellurique que ses quatre installations catalysent en véritables puits de lumière.
Le promeneur solitaire qui y pénètre est voluptueusement saisi par ce lieu de silence empreint du mysticisme de l'ermite…
John MISIC (Fragments)
7 Marie-Françoise Radovic-Douillard "Mémoires d'un étang"
8 Valérie et Thierry Teneul "Le ballet des arbres"
S'enroulant aux troncs des arbres, ils en relèvent le corps. Formant robes, ombrelles ou parapluies, ils en protègent l'écorce. Habillés de ce nouveau vêtement, les arbres s'humanisent. Ils semblent bouger, on les voit osciller, on les sent trépigner.
Les genêts ayant trouvé leurs manches vont-ils se mettre à balayer la forêt, à y faire le ménage pour la rendre propre comme une maison ? Ou plutôt, en tournoyant à toute vitesse, vont-ils se dresser pour nous laisser voir la peau de l'arbre qu'ils couvent ?
9 Benoît Decque "Le géant moussu"
Dégagé du sol, il est aujourd'hui présenté " en lévitation " dans une structure de protection pour être soumis à l'analyse pointue des spécialistes en archéologie sylvestre.
Visiteur, accepte d'être l'un de ces spécialistes : porte sur cette pièce d'importance un regard attentif et l'étude détaillée que tu en feras aboutira à quelques conclusions pertinentes.
Visiteur, grâce à toi, une avancée rapide dans l'étude de l'archéologie sylvestre est à prévoir.

10 Jean-Marc Chappuis "Eclosion mythique"
Il était une fois, dans une petite clairière du pays sous-vosgien, un nid...

Dans le nid, cinq dragonneaux bleutés presque hors de la coquille, deux jumeaux à peine éclos.
Restent sept oeufs qui attendent leur heure.
Bien sûr la dragonne veille :
"C'est un fait constant que les dragons sont d'une vigilance extrême. Ils ne dorment jamais. Aussi les voit-on souvent employés à garder des trésors..."
A. France dans "L'Ile des pingouins", 1908, p. 98.

De quels trésors des 14 communes de "Sous la Ligne Bleue" deviendront-ils les gardiens ?
La suite de la randonnée dans un autre article...