Grosmagny 2ème partie

Publié le par Betty

11 Daniel Dyminski "I was here"

L'installation "I WAS HERE " traite de la difficulté, pour celui qui réalise une action, à considérer les dimensions, les conséquences ou les implications que peut engendrer celle-ci lorsqu'elle est reproduite par un nombre important d'individus.
L'accélération des transformations climatiques liés à l'activité humaine, la disparition de nombreuses espèces animales ou végétales, la surpopulation , sont parmi les phénomènes les plus perceptibles et les plus dangereux pour la pérennité de l'espèce humaine, liés à cette difficulté.
Description de l'installation :
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Deux chiens "Anubis" gardent l'entrée d'une allée longue de 30m, au fond de laquelle se trouve une cité constituée de maisons hautes de 3 à 5 cm, pour une surface de 5m2. Il est proposé à chaque visiteur de verser une poignée de sable sur ces maisons. Ce geste répété de manière modeste par un nombre important de visiteurs, finira par recouvrir la cité. Personne n'aura eu la sensation d'avoir eu le geste décisif et pourtant la cité aura disparu . 
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"J'étais ici, nous étions ici, il y avait à cet endroit une cité".
A la place de celle-ci, aujourd'hui il n'y a plus qu'un tumulus de sable , une tombe. A une échelle plus globale, dans peu de temps peut-être, sur une planète sans vie, ou avec une vie différente, n'y aura-t- il plus personne pour dire " ici il y avait une population d'êtres humains ".
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12  Anne-Marie Schoen "Oeuvre en devenir"

L'esprit du lieu est l'esprit de ceux qui l'habitent...
Les habitants de la communauté de communes m'ont confié des vêtements qu'ils avaient habités, qui les avaient habillés, accompagnés un moment de leur vie. .Ils ont inscrit leurs prénoms sur des boutons de porcelaine.
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Ces habits sont noués, mêlés, tissés, cousus, boutonnés. Ils sont suspendus sous l'auvent comme une grande lessive de printemps, qui s'offre au vent et au soleil. Ils témoignent de notre rencontre, du lien nécessaire entre nous, humains, pour que notre vie soit possible

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13 Andreas Edzard "Que de têtes"
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Andreas Edzard s'est fortement imprégné des sculptures naturelles du désert qu'il a photographié entre 1980 et 1988 dans le sud du Sahara. Depuis 1989, il crée ses sculptures en grès émaillé (céramique), où il fait gicler l'eau qui les anime, d'autres, suspendues, s'agittent comme des marionnettes.
La création collective l'intéresse aussi : avec des enfants ou adultes, il élabore des sculptures riches en formes et en idées, très personnalisées par ses différents auteurs. Les matériaux sont le grès, associé à d'autres comme le bois et surtout le béton allégé pour des grandes sculptures dans l'espace public, exemple : Lycée Henner à Altkirch, Parc des Ballons, piscine de Colmar, Musikbaum in Hamburg, History-tree in Guernesey...
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14 Hélène Herbosa "Chemins d'elfes et de nasses à rêves"
Rien n'est plus sérieux que le jeu
J'ai tendance à croire que l'imaginaire est l'une des meilleures ressources pour garder les pieds sur terre, reconnaître le vrai du faux. Avoir le sens des réalités.
Les elfes sont très invisibles, ce qui se vérifie dans tous les coins du monde. Ils sont nés du feu et de la glace, de l'obscur et de la lumière.
Pour s'excuser de les avoir rencontrés, il faut :
- faire une offrande
- porter une fleur de genêts dans sa doublure pour préserver de ceux qui sont dangereux
- se munir d'herbe à la recule parce qu'avec des idées préconçues on ne voit plus rien
Mon travail avec le fil de pêche apporte transparence et légèreté, brillance sous la lune ou sous la pluie comme une apparition une illusion une étrangeté.
 
15 Michel Boetsch "Oishommes nés de la terre rouge"

Epouvantail. Simulacre, il est immobile dans les champs, les jardins pour éloigner les voleurs de graines.
En guenilles, raide, sert-il vraiment?
Epouvantail. Garde ou croquemitaine, policier ou miséreux, solitaire des saisons ou sujet de risée, fantoche ou homme pseudo dans la nature, vigie dérisoire ou tache de couleurs.
A la différence du bonhomme de neige qui fond placide et dont la construction n'avait d'autre fin que le jeu, l'épouvantail s'effiloche solitaire mais reste campé.
Epouvantail et oishomme ont un vague air de famille qui se préciserait si un paysan installait ici trois, là cinq épouvantails pour mieux assurer, bien entendu, la protection de sa future récolte. Que faudrait-il penser d'épouvantails plantés dans un autre but?
Se méfier des comparaisons. L'épouvantail doit chasser les affamés, l'oishomme paraît peu soucieux de ce genre de besogne.
Encore que... Si l'on approfondit certaines situations. - Si l'on évoque les pique-assiettes des vernissages... On peut rêver d'oishommes qui lacèreraient ceux qui, trop absorbés par leur gosier et par leur panse, ne posent qu'un regard furtif sur les œuvres exposées. Rêve inepte. Le temps des oishommes est trop précieux pour se dilapider dans une bagarre. Que les gloutons gloutonnent si ça leur chante!
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L'ignorance. Etre dérouté. Errer, errer. Se retrouver. Les oishommes ont multiples semblances. Dans le froid de la bise, ils font le dos rond persuadés que le printemps viendra. Epouvantés quand leurs songes se brisent, ils s'accrochent à notre regard qui peut les sauver. Ils ne tournent pas girouettes, savent l'immobilité. Drapés comme des cariatides, ils ne soutiennent qu'un petit pan de ciel. Leurs becs désignent parfois l'au-delà du cadre, l'alentour de leur socle.
La moisson a levé, l'épouvantail quitte le paysage. Quand nous aurons changé, les oishommes auront-ils raison d'exister?
texte de Michel Boiron

16 Anne Mangeot "Textile"

Se déployant dans l'espace du lavoir de Grosmagny, "textile" relie deux activités passées, bien implantées dans le village et ceux alentours.
La première activité relève de la vie quotidienne de générations de villageoises : le lavage du linge ; la seconde se rapporte à l'ancienne industrie de tissage pratiquée dans la région.
Des éléments de patrons, entre vêtements et pièces de tissu, sont suspendus sous l'auvent, tel du linge séchant.
La brise anime ce jeu de plans colorés, et trouble leurs reflets dans l'eau…
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17 Jean Barral-Barron "Le roi Fayé"

 
La Ligne Bleue est née icifaye1.jpg
elle passe par ci... par là...
sous l'œil bien veillant du Roi Fayé.
Du foyer, alimenté par des fagots
et des brindilles de bois,
tous issus du Fayé,
naît la ligne bleue...
elle sort du sol,
fait quelques volutes,
hésite...
s'anime,
passe à droite,
à gauche
s'envole,
prend sa voie,
sa place et puis s'en va,
poursuivre son chemin
par ci... par là ...




18 Livialdino De Poli "La licorne du Fayé"

Notre œuvre " La licorne du Fayé " a pris sa source dans les racontotes rapportées par Jean-Raphaël Sandri. Ces histoires, qui se racontaient lors des veillées, révèlent les soucis, les peurs et les espoirs des gens du Pays Sous-Vosgien chez lesquels la croyance dans le mauvais sort revient souvent. De nos jours encore, ces soucis, ces peurs, ces croyances, si elles ont changé dans leur expression, demeurent similaires dans leur nature profonde.
" La licorne du Fayé " est une sorte de Minotaure au féminin. Cette figure hante la région du Fayé et vient trouver silence et repos dans les endroits insolites. La nuit, elle vient se poser sur l'eau et flotte silencieusement sur les étangs ; le profil du Fayé, à l'arrière plan, l'aide à retrouver la paix… surtout les soirs de brume !
Le jour, elle se pare de mille couleurs et trône parfois sur les places des villages sous-vosgiens.
Mais, fait étrange s'il en est : tous ne la voient pas.

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19 Achim Dächner "Artefakt  3"

Pour Artefakt N°3, j'ai tenté de relier le lieu de l'installation, son histoire et mes préoccupations actuelles.

Il a été clair immédiatement que l'église et le cimetière auraient une place centrale dans mon travail et que les oppositions vie-mort, éphémère-durable, passé-présent seraient illustrées, ainsi que les thèmes de la foi, des cultes et de la mémoire.

J'ai finalement simplifié ce lieu entre l'église et le cimetière, entre le passé et le présent réalisant cette pierre tombale, qui, sous certains aspects peut évoquer aussi un autel, un sarcophage, forme épurée et réduite pour laisser ouvert à l'interprétation. 
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Pour sa réalisation au printemps 2007, j'ai utilisé 1250 kg de béton et de limaille d'acier. Le béton représente le matériau contemporain par excellence et exclut toute ambiguïté quant à l'origine de l'œuvre. Son apparence rouillée, par contre peut laisser penser qu'il s'agit bien d'une construction venue droit du passé. Était-ce un autel, un lieu de culte?

Je me suis inspiré des systèmes de rigoles des citernes des châteaux-forts du Moyen-âge en reprenant le matériau des bunkers de la seconde guerre mondiale, deux types d'édifices marquants du paysage alsacien : parabole dans l'espace et le temps. A Dächner.



Pendant la randonnée, attardez-vous pour lire le chemin des pierres qui reproduit les textes nés de l'atelier d'écriture animé par Joël Bastard.

Un texte qui m'a émue : 

Sur la route sans ornière, une flaque apparue.
Il posa son pied dans la boue rouge.
Imperceptiblement, elle y glissa le sien.
Charmée, séduite, attirée,
elle imprima son empreinte dans la sienne.
La foulée s’allongea.
Le pas se fit plus exigeant, plus pressant, plus oppressant.
La terre onctueuse et douce
devint sèche, aride, craquelée, poussière.
Le pas s’estompa.
Quand la flaque ne fut plus que désert,
Elle perdit sa trace et reprit son chemin.
Georgette Birgy
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