Ridan
Il choisit comme nom d'artiste « Ridan », c'est-à-dire « Nadir » à l'envers.
Ancien rappeur, né en 1975, (il a notamment été producteur du maxi 30 rappeurs contre la censure), il sort en 2004 un premier disque : Le rêve ou la vie chez Sony/BMG.
Composé de chansons plutôt noires, il puise son inspiration chez Renaud ou Georges Brassens pour chanter le racisme au quotidien (Le quotidien), le cynisme (Partie de golf), ou l’envie de retour aux sources (L’agriculteur). Son album surprend, et confirme comme Disiz la peste que la cité peut investir, avec succès, de nouveaux sentiers.
Il se fait chantre de la chanson française vindicative, des mélodies douces et des mots comme il aime à le dire « rêches ». D'un côté, une musique dépouillée, des pianos, des violons, seuls, joyeux ou bucoliques. Et puis sa voix, grave, qui surprend, quand elle crache la réalité de son quotidien. Mais l'artiste rêve, et c'est une ballade dans ses songes à laquelle il convie son public.
Plus politisés, certains de ses textes parlent de la place de l'individu dans notre époque et il n'hésite pas à mettre en avant sa propre individualité en évoquant son amertume et ses minces espoirs. Ridan invente une nouvelle chanson française entre la violence du rap et la douceur tiède des instruments. Ridan réussit le passage à la scène, notamment au Festival des Vieilles Charrues ou aux Solidays. Il est sacré aux Victoires de la musique 2005, dans la catégorie « Album révélation de l'année ».
Son deuxième album L'Ange de mon démon est sorti le 19 mars 2007. La chanson Ulysse, dont les paroles reprennent le poème Heureux qui comme Ulysse issu du recueil Les Regrets de Joachim du Bellay, remporte un succès notable.
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage
Joachim du Bellay (1522-1560) Recueil : Les regrets
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :
Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.