La vérité sur les chiffres du chomage
Chiffres du chômage : les Français ont droit à la vérité !
I) Une baisse orchestrée de longue date
Depuis de nombreux mois, un gouffre se creuse entre les annonces du gouvernement et la réalité du chômage : la baisse du taux de chômage est en total décalage avec ce que ressentent les ménages set les entreprises. Il en résulte un climat de défiance, ce qui est logique car le taux de chômage est un élément déterminant pour assurer aux Français une bonne information sur l’état du marché de l’emploi.
Afin d’afficher une baisse du nombre de chômeurs, le gouvernement a utilisé des méthodes profondément contestables :
· mise en place de « conventions de reclassement personnalisées » dont les 25.000 bénéficiaires mensuels ne sont pas décomptés comme chômeurs ;
· basculement depuis la mi 2005 de 45 000 bénéficiaires des contrats aidés du plan de cohésion sociale (CIE, CAE ou Contrat d’Avenir) et 7.000 demandeurs d’emploi qui souhaitent créer leur entreprise ont basculés hors des catégories de chômeurs comptabilisés en « catégorie 1, celle qui sert de référence au calcul du chômage ;
· extraction des listes des demandeurs d’emploi qui effectuent deux mois de suite une activité réduite de plus de 136 heures ;
Le caractère insincère de cette baisse est manifeste quand on observe de près les chiffres publiés par le gouvernement :
- les sorties de l’ANPE (+6%) au cours des deux dernières années s’expliquent essentiellement par la hausse vertigineuse des radiations administratives (+39%) et des fins d’indemnisation (+ 30%) dont les conditions ont été considérablement durcies ;
- le taux de sortie des listes ANPE (part de chômeurs inscrits en début de mois ne l'étant plus en fin de mois) est passé de 14,5% à 16,8% entre septembre 2004 et septembre 2006, alors que la reprise des créations d'emplois est resté modeste (+1% en 2006). Sur les 26.000 sorties supplémentaires par mois entre ces deux périodes, moins d'une sur cinq est due à des reprises d'emploi ou des entrées en formation, relève le collectif.
Il est incontestable que la baisse statistique du chômage ces derniers mois est d’abord le fait de l’explosion des radiations administratives, de l’augmentation massive du nombre de départs à la retraite, et de la multiplication d’emplois précaires à temps très partiel, notamment dans les services à la personne.
II) Des procédures contournées
Afin que ce chiffre ne fasse pas l’objet d’une quelconque polémique, une procédure a été mise en place depuis de nombreuses années : les données émanant de l’ANPE sont corrigées par l’INSEE en Mars de chaque année, afin de tenir comte de l’évolution de la population active. L’an passé, cette révision a lieu à un léger correctif de 0,1 point de chômage à la hausse.
L’INSEE a indiqué très tôt que son enquête de terrain (« Enquête emploi ») donnait des résultats très éloignés de ceux avancés par le gouvernement. Une telle divergence était prévisible, car l’INSEE calcule le taux de chômage en fonction de la population active, celle-ci dépendant du nombre de chômeurs et du nombre d’emplois créés. Or, depuis peu, le gouvernement a demandé à ce que la méthode de décompte des créations d’emplois soit modifiée, car le nombre de créations d’emplois est bien trop faible pour expliquer la baisse du chômage. D’ailleurs, les agents de l’INSEE s’étaient mis en grève, dénonçant « un gouvernement qui décrédibilise les statistiques actuellement disponibles, tant qu'elles ne confirment pas son credo ». L’INSEE et le gouvernement trouvent des résultats si différents qu’ils ne peuvent in fine que déboucher sur des taux de chômage profondément divergents.
Le gouvernement a pris alors pris une décision unique et inique : il a imposé à l’INSEE de reporter au lendemain des prochaines élections la correction des chiffres du chômage publiés par l’ANPE pour l’année 2006. C’est la première fois en cinquante ans qu’un gouvernement refuse la publication annuelle de cette enquête.
III) La France mis au banc de l’Union européenne
En affichant un taux de chômage de 8,4 % à la fin février 2007, le ministère de l'emploi a indiqué qu'il s'agissait du taux le plus faible enregistré depuis juin 1983.
Mais ce « record » est à ce point entaché par les nombreuses manipulations qu’Eurostat, l'Office européen de statistiques, a refusé de le valider puis l’a révisé en nette hausse à 8,8 % en février : le chômage n’a donc pas baissé au cours des cinq dernières années.
L’office statistique de la Commission européenne a décidé d'effectuer ces corrections en utilisant partiellement l'enquête sur l'emploi du troisième trimestre 2006 de l'Insee. Selon les calculs d'Eurostat, le gouvernement de Villepin enregistre la moins bonne performance de la zone euro, dont le taux de chômage continue de reculer (à 7,3 %). L'Allemagne affiche une décrue beaucoup plus rapide, son taux de chômage étant passé de 8,9 % en février 2006 à 7,1 % en février 2007 (contre respectivement 9,7 et 8,8 % en France). La France se situe, selon ces chiffres, en queue de peloton au sein de l'Union européenne, où le taux de chômage moyen est désormais de 7,5 %, juste devant la Slovaquie et la Pologne. Avant cette révision, la France faisait mieux que la Belgique, l'Espagne et la Grèce.
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