S. ROYAL: la justice et la délinquance
| La justice et la délinquance |
| Un premier diagnostic : « La faillite de la politique de Nicolas SARKOZY » « C’est par rapport à un constat de faillite de la politique de Nicolas SARKOZY que la gauche fait des propositions nouvelles. (…)Pourquoi y a-t-il une faillite de SARKOZY, du ministre de l’intérieur ? D’abord parce que les chiffres sont là. Il y a eu cette année 45 000 voitures brûlées, c'est-à-dire le double de l’année précédente. En quatre ans, il y a 20 % d’augmentation des agressions contre les personnes. La deuxième faillite, c’est la situation dans les cités où on sait que la situation est extrêmement tendue. » France 2, Les 4 vérités, 2 juin 2006 Nicolas SARKOZY exacerbe les tensions : « Je regarde où sont les souffrances. Je regarde où sont les dysfonctionnements de la société. Je regarde là où les socialistes ne peuvent pas se satisfaire de la situation actuelle. Parce que je suis socialiste et parce que je considère qu’il y a une autre façon de faire que celle de la droite qui consiste à dresser les gens les uns contre les autres. Parce que la droite se dit à un moment : quand il va y avoir de la violence, ça va nous profiter puisque, par définition, on pense que la droite traite mieux ces problèmes. Moi, je dis ici que la droite fait faillite, qu’elle ne traite pas bien ces problèmes, que la situation est extrêmement dangereuse, qu’elle va déraper et qu’il y a d’autres façons de faire : c’est la République du respect. » France 2, Les 4 vérités, 2 juin 2006 Sa politique est celle du mépris… « Il y a une politique de mépris qui cherche à enfoncer les jeunes. Certains même pensent, parmi les élus ou les habitants des quartiers, que cette situation serait entretenue parce qu’elle pourrait être utile au cours d’une campagne électorale, si en effet les émeutes reprenaient dans les banlieues. Donc, rien n’est traité. » France 2, Les 4 vérités, 2 juin 2006 … et de l’amalgame : « Il est intolérable qu’un ministre de l’intérieur fasse toujours l’amalgame entre la délinquance et les quartiers. » France 2, Les 4 vérités, 2 juin 2006 Elle ne résout rien : « L’Etat laisse filer la délinquance de masse sans s’attaquer à ses causes profondes. » Fête de la Rose de Frangy en Bresse, 20 août 2006 « Lorsqu’un gouvernement propose, après plus de 4 ans de pouvoir, encore de changer la loi pour faire croire que c’est en changeant la loi que l’on règle les problèmes d’insécurité, je pense que c’est le signe d’une impuissance. » Journal de France 2, le 6 novembre 2006 Face à ce constat d’échec, il est urgent d’« enrayer la machine à fabriquer de la délinquance de masse» « Nous devons être lucides et fermes contre toutes les délinquances et contre toutes les causes ». « Quant à la sécurité, ce n’est pas un problème de droite ou un problème de gauche. C’est une préoccupation des Français, en particulier des couches populaires. Mais pour y faire face, il existe une réponse de droite et une réponse de gauche. La réponse de droite consiste à supprimer la police de proximité, à tenter de dresser les Français contre les jeunes ou les immigrés, à multiplier les opérations-spectacle menées devant les caméras, comme aux Mureaux. Et il y a une réponse de gauche : nous devons être lucides et fermes contre toutes les délinquances et contre toutes les causes - qui conduisent aux comportements délinquants (chômage, précarité, pauvreté, ghettos urbains). » « Ma démarche, c’est de regarder les réalités en face », l’Humanité, 17 octobre 2006. « A la sortie de prison, deux jeunes sur trois récidivent, c’est-à-dire que, quand on entre en prison, on en sort plus délinquant qu’avant. Quelle est la logique de la droite ? C’est de construire de plus en plus de places de prison ! Eh bien, la politique de gauche, c’est de refuser cette fatalité, c’est d’enrayer cette machine à fabriquer de la délinquance de masse que Monsieur Sarkozy a créée puisque c’est quand même lui qui est aux responsabilités. (…) La logique de la gauche n’est pas d’enfoncer les gens mais au contraire d’intervenir au bon moment et de les tirer vers le haut, de les remettre au besoin dans le droit chemin. » RTL, 7 juin 2006 - Alain Duhamel Changer « la dimension de la présence » sur le terrain : « Qu’est-ce que je change ? Je change d’abord la dimension de la présence, c’est-à-dire davantage de police de proximité dans les quartiers. Songez qu’à Clichy-sous-Bois, il n’y a toujours pas de commissariat de proximité. Ensuite, une police bien formée aussi, qui a les moyens de comprendre l’évolution des jeunes, de faire face à ces difficultés, une police en osmose avec la population, qui encadre les jeunes et qui est répressive quand il le faut. Une police en bonne articulation avec la justice, avec la police judiciaire d’abord, avec le fonctionnement des tribunaux ensuite et une police qui a le sentiment d’être respectée dans son travail. » Europe 1, Le Grand Rendez-Vous, 29 octobre 2006 « C’est avec les policiers qu’il faut réfléchir à la façon dont on peut les fixer dans les quartiers, avec quel type de compensation salariale, quel type de formation professionnelle, quelle articulation avec les autres travailleurs des quartiers. C’est-à-dire justice, éducateur, famille, école. Et ce que je constate aujourd’hui avec ce gouvernement, c’est qu’il dresse les gens les uns contre les autres, or c’est dans la cohérence de l’action des adultes auprès des jeunes que l’on arrivera à lutter contre la délinquance. » France 2, Les 4 Vérités, 31 octobre 2006 « Pour les délinquants mineurs multirécidivistes, la réponse qui s’impose est répressive avec le rétablissement d’une police de proximité (…). Rendons d’ailleurs hommage au travail des policiers qui sont en première ligne sur ces questions-là. » RTL, 7 juin 2006 Sanctionner le « premier acte de transgression de la loi » : « Lorsqu’un jeune mineur est en prison, qu’il en sort, le taux de récidive est de 70 %, puisqu’il revient dans le quartier avec un statut de caïd. Lorsqu’un jeune commet ce premier acte de transgression à la loi, même s’il est petit, un petit vol par exemple, si la sanction est tout de suite donnée, y compris une sanction éducative de proximité, à ce moment là il n’y a pas 80 % de récidives. Donc je pense que c’est cet encadrement très précoce aujourd’hui qui est d’ailleurs demandé par tous les acteurs de terrain, qui sont en proximité, il faut le mettre en place de façon puissante. » France 2, Les 4 vérités, 31 octobre 2006 « Je crois que le problème aujourd'hui, c'est que souvent la première infraction n'est pas sanctionnée. C'est-à-dire un jeune qui n'est pas connu des services de police ou qui est à sa première infraction n'est pas sanctionné. Or on sait que si un jeune est sanctionné à sa première infraction, dans 80 % des cas, il ne va pas recommencer. (…) Lorsqu'un collégien par exemple, fait une bêtise dans un collège, il a une sanction éducative. Pourquoi est-ce qu'un jeune dans la rue qui fait une bêtise, qui casse un abribus ou qui fait des tags, qui fait un petit vol, pourquoi celui-ci ne serait pas sanctionné ? Il faut lui faire réparer, il faut lui faire nettoyer, il faut lui faire-faire un travail d'intérêt général. Il faut le faire convoquer par la police ou par un magistrat qui va lui rappeler la loi, c'est-à-dire il faut le cadrer tout de suite, c'est même une chance pour lui d'être recadré tout de suite. » RMC INFO, le 8 novembre 2006 Développer « tous les types d’encadrement qui peuvent permettre à des jeunes de se remettre debout » « Est-ce qu’il est préférable pour un jeune qui vient de commettre son premier acte de délinquance d’être en prison, dans cette école du crime d’où on ressort plus délinquant que lorsque l’on y est rentré ? (…) L’encadrement militaire, ce n’est pas l’encadrement d’un service militaire où on apprend à tirer, où on conduit un char. Il s’agit de redonner un certain nombre de repères, les remettre dans le droit chemin au bon moment avant qu’ils ne basculent dans la délinquance la plus dure. Faut-il fermer les yeux ou faut-il trouver des solutions respectueuses, préventives, fermes quand c’est nécessaire, mais qui s’appuient sur la conviction qu’aucun enfant n’est fichu d’avance, qu’aucun enfant n’est perdu ? Tous les enfants sont nos enfants et moi, je veux faire pour les enfants de ce pays ce que je ferais pour mes propres enfants. » France 2, Les 4 vérités, 2 juin 2006 « Ce que j'ai toujours dit, c'est que (…) toutes les solutions d'alternative à la prison étaient bonnes. Et que je préférais voir un mineur encadré par les militaires à faire des activités, bien évidemment. On ne va pas encadrer un mineur à ne rien de toute la journée. (…) L'encadrement militaire, ça a un sens, puisqu'on réapprend aux jeunes, un certain nombre de règles, de normes et deuxièmement, on leur fait faire une activité, parce que je crois que pour se remettre debout, il faut se sentir utile et prouver aux jeunes qu'ils sont capables de faire quelque chose. » RMC INFO, le 8 novembre 2006 Il faut permettre à l’institution judiciaire d’être « efficace mais humaine ». Des moyens pour la Justice « Les citoyens attendent une justice efficace, mais humaine. […] La Justice doit avoir des moyens supplémentaires à la hauteur de ses missions. La loi d’orientation et de programmation pour la justice de 2002, adoptée par le Gouvernement Raffarin, affichait cette ambition. Force est de constater que l’effort budgétaire n’a pas suivi : le retard accumulé sur quatre ans d’exécution de la loi (2003-2006) s’établit à plus de deux mille emplois. » Quelle prison pour quelle justice ? - mai 2006 « Quand vous pensez qu’il y a des milliers de dossiers en attente concernant les mineurs, que, lorsqu’un juge des enfants prononce une décision de placement d’un mineur, il faut attendre 8 mois, 9 mois, parfois un an parce qu’on manque de places d’accueil et de moyens d’encadrement dans des lieux éducatifs pour les mineurs… C’est la grande misère de la justice des mineurs qui explique le dysfonctionnement judiciaire et désespère les policiers. » RTL, 7 juin 2006 La cohésion des services publics « (…) Actuellement lorsque la police a fait son travail, lorsque la justice a fait son travail et qu’elle prononce des peines, il faut souvent attendre plusieurs mois, faute de structures d’accueil – les fameux centres éducatifs fermés qui n’ont pas été construits – et donc il n’y a pas de réponse adaptée aujourd’hui à la primo-délinquance... surtout quand il s’agit de mineurs. » Europe 1, Le Grand Rendez-Vous, 29 octobre 2006 Disposer de prisons qui soient dignes du peuple français « En 2006, les prisons françaises sont indignes du Peuple français au nom duquel est rendue la Justice. La peine privative de liberté est trop souvent considérée exclusivement comme une sanction et non comme un moyen de réadapter et de réhabiliter la personne détenue en vue de sa réinsertion sociale : la prison ne remplit pas sa mission de réinsertion et désocialise et déshumanise davantage les personnes qui lui sont confiées ; elle rend à la société des personnes plus fragilisées et parfois plus dangereuses. » Quelle prison pour quelle justice ? - mai 2006 |
Publicité