L'affaire des poupées "vaudou"
Vous pouvez (encore) courir acheter une poupée vaudou à l'effigie de Ségolène Royal ou de Nicolas Sarkozy sans trembler : la justice n'a pas interdit la commercialisation des "manuels vaudous", vendus avec une petite poupée d'une trentaine de centimètres et douze épingles.
Le juge des référés au Tribunal de grande instance de Paris a estimé ce mercredi 29 octobre que "cette représentation non autorisée de l'image de Nicolas Sarkozy ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine ni une attaque personnelle".
Il a donc débouté le chef de l'Etat, dont l'avocat Me Herzog avait réclamé vendredi 17 octobre le retrait des poupées par un courrier adressé à l'éditeur du manuel. Dans la foulée, Nicolas Sarkozy avait engagé une action en référé pour "violation de son droit à l'image", contrairement à Ségolène Royal, qui, elle, avait ironisé sur l'action en justice du chef de l'Etat.
Au cas où sa réponse ne serait pas assez explicite, le juge précise même au passage que l'objet "s'inscrit dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour".
Mercredi soir, son avocat faisait cependant savoir qu'il faisait appel de la décision, laquelle n'est "pas conforme à la jurisprudence" en matière de droit à l'image, selon Me Herzog.
Les poupées, livrées avec un abécédaire ("R" comme racaille, "T" comme Tom Cruise) sont en vente depuis le 9 octobre en librairie et sur le Net.