Sculptures de rue à Vesoul (4) : Pascal Coupot
Pascal Coupot
Pascal Coupot est profondément Franc-Comtois. Curieusement, ce sculpteur de 48 ans n’a encore réalisé aucune commande publique en dehors de sa région. Et pourtant, chacune de ces créations est un succès auprès du public. Le sculpteur court plutôt après le temps et délaisse les concours de sculptures. Pascal Coupot passe de longs moments dans son atelier rangé à la perfection. Outils, matières premières , tout est à sa place. Immédiatement, en rentrant dans son atelier, le visiteur comprend son amour du métier. de la maîtrise des techniques de sculpture. L’artiste se présente comme un autodidacte malgré sa formation aux Beaux-Arts de Besançon. Au sol ou dans les étagères, des moulages de ses différentes sculptures. Toutes réalisées avec un souci extrême du détail. Chaque commande publique a été conçue en harmonie avec le site choisi et toujours avec l’idée de provoquer la relation avec le passant. A l’étage, une exposition permanente présente ses travaux personnels : des oeuvres en céramique réalisées souvent avec la technique du raku et d’autres petites sculptures affichant un humour plus noir voir provocateur.
Toujours en Haute-Saône, en 2000, la municipalité de Pusy demande à Pascal Coupot une sculpture pour le jardin à la française du château du village. Ici comme ailleurs, pour l'artiste, "l'oeuvre d'art ne doit pas être une image de plus que l'on ne voit pas, elle doit pouvoir émerger aux yeux du passant, établir un contact avec lui, sans pour autant avoir recours au couleurs, aux néons et autres artifices.... Il s'agit d'inviter, d'interroger, de surprendre, parfois d'amuser, de trouver l'approche qui touchera la sensibilité du public".
1997 : “La Marie”, bronze. Orchamps-Vennes.

C'est la première commande publique de Pascal Coupot. La municipalité d'Orchamps-Vennes souhaite redonner un caractère rural et piétonnier au cœur de son village. Elle demande au sculpteur de concevoir une porteuse d'eau. Pascal Coupot, lui, propose un bronze d'une grand-mère aux formes généreuses et avec un cabas entrain d'attendre devant le passage piéton....Les élus tenant à leur porteuse d'eau en sabot, Pascal Coupot fit alors un nouveau projet plus classique. Mais, il conserva une version dénudée de cette sculpture et lui donna un titre bien personnel :
« Scène paysanne :
-Oh ! la Marie
-Attends j'va me laver les fesses ! ».
2002 : “Fumer mène au bout du rouleau”,bronze et pierre. Besançon.

Cette petite sculpture est une commande de l’Association de Lutte Contre les Maladies Respiratoires. Elle se trouve à gauche de l’entrée principale du centre hospitalier Jean Minjoz à Besançon ; là où justement les fumeurs viennent allumer leurs cigarettes. Cette fois-ci, Pascal Coupot a choisi le registre de l’humour, du jeu de mot et de la caricature. L’artiste préfère l’approche figurative car, dit-il, “c’est celle qui me parle et avec laquelle je crois pouvoir toucher au mieux les gens”.
2004-2006 : “Avocat allant plaider”, bronze. Vesoul.
Au départ, Pascal Coupot a pensé que la Ville de Vesoul (à l’origine de cette commande) ne le suivrait pas sur ce projet et finalement cette caricature a été acceptée ! Destinée à être implantée sur la place du Palais de Justice, Pascal Coupot a voulu représenter un personnage du monde judiciaire. “Le traitement satirique et caricatural de ce avocat au modelé puissant et vigoureux sert avant tout, écrit le sculpteur, à interpréter avec humour le théâtre de la vie. Cette scène nous parle de la comédie de la vie, qui se rejoue tous les jours avec ses grandeurs, ses faiblesses et son folklore”. Pascal Coupot a puisé son inspiration chez Daumier pour ses caricatures des gens de justice et chez Molière pour “son regard amusé et acerbe sur les notables de l’époque”. Tout comme pour Jouffroy d’Abbans, la sculpture est posée à même le sol, sans socle, l’homme se dirige vers le Palais de Justice comme si il allait plaider une affaire.
2005-2007 : “L’arroseur arrosé”, ensemble bronze. Besançon.

Cette réalisation réunit tous les savoir-faire de Pascal Coupot : l'humour, l'harmonisation de la sculpture au site, le jeu avec le public et le souci du détail des modelés. La ville de Besançon s'est adressée à Pascal Coupot pour rendre un hommage aux frères Lumière, nés à Besançon avant de partir avec leurs parents à Lyon. L'artiste a d'abord cherché à faire référence à l'invention des frères Lumière, le cinématographe, plutôt que de représenter les deux personnages. Puis l'idée de figurer l'un de leurs premiers films "l'arroseur arrosé" est apparue. Représenter le premier gag au cinéma lui a plu ! Pour cela, il fallait trouver le lieu idéal... Après plusieurs propositions, la cour de la médiathèque Pierre Bayle fut choisie ; le lieu est effectivement idéal : c'est un lieu de passage vers des espaces culturels, cet endroit entièrement minéral peut faire office de décor comme pour accueillir le tournage d'une scène et mettre ainsi en valeur l'idée de cinéma. Pour Pascal Coupot, il ne fallait surtout pas placer ce jardinier dans un parc. La réussite de cette installation est d'avoir recréer le gag filmé pour la première fois en 1895. "Ce n'est donc plus le gamin qui fait la blague au jardinier, mais le public à son insu, raconte Pascal Coupot (...) Ainsi conçue, la sculpture génère une relation originale avec le public, lequel loin d'être cantonné à un rôle de spectateur passif, devient l'acteur principal de la scène : c'est lui qui déclenche le mouvement, le mécanisme du gag, lui qui se retrouve au centre du cadrage de la caméra, entre les deux protagonistes."
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