Les militants fichés ?
| Après l'ADN des étrangers, le gouvernement voudrait ficher les militants... | | |
| Écrit par Sylvain Marcelli | |
| 17-07-2008 | |
| Trente-trois organisations réunies au sein du Collectif "Non à EDVIGE" se sont réunies mercredi 16 juillet, pour dénoncer le décret du 27 juin 2008 créant le fichier EDVIGE (Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Générale). Ce décret, signé dans la plus grande discrétion, mérite cependant la plus grande publicité. Car il remet en cause frontalement les droits et les libertés publiques et individuelles et permet le fichage des mineurs. Plus c'est gros, plus ça passe. Difficile de garder son sang-froid à la lecture du décret paru le 1er juillet au Journal officiel, qui autorise le ministre de l'Intérieur à construire des "fichiers de données à caractère personnel" sous l'acronyme "EDVIGE", pour "exploitation documentaire et valorisation de l'information générale". Désormais, l'Etat peut "centraliser" et "analyser" les informations relatives: - "aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l'exercice de leurs responsabilités" Ceci concerne les personnes physiques âgées de treize ans et plus. Peuvent être consignés dans les fichiers : La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d'enquêtes administratives pour l'accès à certains emplois. Plus de 20 000 personnes et près de 200 organisations, parmi lesquelles des organisations syndicales et de défense des droits de l'Homme, ont déjà signé la pétition du Collectif "Non à EDVIGE". À noter : un autre texte, plus polémique, mais aussi plus amusant, est aussi proposé sous forme de pétition : "je signe car je me prénomme Edwige et j'emmerde ceux qui veulent utiliser mon prénom pour des activités disciplinaires et répressives" ou "je signe car à certains moments de la journée ou de la nuit, je me fais appeler Edwige". D'autres actions sont prévues, notamment un recours devant le Conseil d'État et la saisine de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité).
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